Les collections d'art : outil de communication des entreprises
- prysk7
- 19 sept. 2016
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En 2016, l'International Directory of Corporate Art Collection qui fait référence, recense 800 entreprises dans le monde ayant une collection. Des chiffres largement sous-estimés selon la chercheuse au CNRS Nathalie Moureau, chargée par Axa Art, l'un des assureurs leaders sur ce créneau (plus de 1 milliard de capitaux assurés) d'une étude sur le sujet.
L'étude menée auprès d'une centaine de sociétés françaises ayant des collections d'art (70% des cas) ou des collections patrimoniales (sur leur histoire, 30% des cas), montre que l'initiative en revient pour 80 % d'entre elles à leur dirigeant, soucieux d'en faire un vecteur de communication externe, d'engagement sociétal, ou d'amélioration du cadre de travail de ses salariés. La rentabilité financière, elle, n'est jamais mise en avant. A travers les collections d'art contemporain, les entreprises cherchent à véhiculer des valeurs d'innovation, tandis que les collections patrimoniales soulignent la pérennité d'une société, son authenticité. L'art peut ainsi renforcer le capital immatériel d'une entreprise, mais aussi déboucher sur des valorisations marchandes (produits dérivés liés à la collection, rééditions...).
Contribution à la vitalité de la scène artistique
Plus récentes, les collections d'art sont aussi beaucoup moins denses que les collections patrimoniales : 60% d'entre elles ont moins de 150 oeuvres contre plus d'un millier pour les secondes. Et le quart seulement des collections d'art dispose d'une équipe dédiée, contre 40% pour les historiques.
Si pour minimiser les frais de structure, les entreprises exposent rarement leurs oeuvres de façon permanente, en revanche elles s'en servent pour organiser des évènements internes ou externes. Par leurs prêts aux musées et leurs commandes aux artistes (66 % des entreprises le font), elles contribuent aussi à la vitalité de la scène artistique. Globalement, moins du quart des collections - dont la valeur varie de moins de 50.000 euros à plus de 50 millions - disposent d'un budget régulier. D'où une certaine fragilité.
Le luxe et la mode en tête
Les secteurs les plus actifs sont sans surprise le luxe et la mode, suivis de la banque-finance, de l'immobilier, et des services aux entreprises. Etonnnament, les collections d'art sont plus représentées dans les PME et les collections patrimoniales sont plutôt le fait de grands groupes.
Les Etats-Unis ont eu un rôle précurseur dès la fin du XIXe siècle avec les chemins de fer (Union Pacific...) passant commandes d'oeuvres pour vanter les plaisirs du transport ferroviaire. A la fin des années 1930, IBM se lançait à son tour, puis trois décennies plus tard, Pepsi, Philips Morris, Domino Pizza. A la fin des années 1990, la moitié des 500 premières compagnies américaines possédaient leur collection. En France, où l'emprise de l'Etat sur la culture est marquée, et en dépit de l'exemple emblématique de Renault en 1967, il a fallu attendre les années 1980 et plus encore la loi mécénat de 2003 puis la création des fonds de dotation en 2008 pour voir les collections se multiplier.
Stimulées par une fiscalité attractive (l'achat d'oeuvres d'un artiste vivant se déduit du résultat imposable sur 5 ans, dans la limite de 5 pour mille du chiffre d'affaires), les dépenses d'art contemporain effectuées dans ce cadre sont ainsi passés de 3 millions en 2005 à 21 millions dix ans plus tard.
Source : Les Echos




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