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La mode à l'heure de l'essayage virtuel

  • Photo du rédacteur: prysk7
    prysk7
  • 5 oct. 2016
  • 3 min de lecture

Parce que le magasin du futur est numérique, l'essayage devient lui aussi virtuel. Entre algorithmes et avatars, la cabine d'essayage a du souci à se faire…
Environ 5,5 milliards d'euros. C'est ce qu'a représenté en 2015 le marché de la mode en ligne. En plein boom, ce secteur peut se targuer d'avoir la croissance la plus rapide et d'être le deuxième en termes d'importance, derrière celui de l'électronique.
Des retours ruineux
Mais une difficulté vient encore et toujours parasiter ces bons résultats : les retours. Cela peut paraître anecdotique, mais les professionnels du secteur estiment qu'un achat sur quatre est retourné à la suite d'une erreur de taille. Pénible pour le client, l'expérience du retour tourne carrément au cauchemar pour les sites web, contraints d'y consacrer plusieurs millions d'euros par an. Pourquoi ? Parce qu'il faut payer les frais d'envoi et de retour, gérer de la marchandise qui n'est souvent plus exploitable, sans parler des ventes perdues et des clients mécontents. À l'origine du problème : l'impossibilité pour l'internaute d'essayer un vêtement avant de l'acheter en ligne. On comprend mieux pourquoi une armée de start-up s'attelle au développement de l'essayage 2.0.
Se vêtir à distance
Certaines, comme True Fit, privilégient la récolte d'informations sur les tailles, pour mieux conseiller les consommateurs. D'autres mettent au point des cabines d'essayage virtuelles qui reproduisent la morphologie des clients et montrent l'allure qu'ils auront dans le vêtement sélectionné. C'est notamment le cas de Metail et de Fits.me. En France, Carrefour et Armor-Lux se sont offert les services de Fitle, une start-up parisienne fondée en 2013, leader mondial de l'essayage virtuel. Après deux ans de recherche, l'équipe de vingt-deux personnes (dont la plupart se sont rencontrées sur les bancs de Polytechnique) a mis au point une solution permettant l'essayage de vêtements, en ligne et en temps réel.
Visualiser sous tous les angles
Le principe est simple : sur chaque fiche produit, un bouton permet à l'internaute de se visualiser avec le vêtement sous différents angles. La technologie Fitle lui indique la taille la plus adaptée à sa morphologie. Mais il peut aussi, s'il le souhaite, essayer toutes les tailles de la collection. « L'essayage sur le corps de l'internaute est réaliste, il prend en compte l'élasticité du vêtement et le rendu de la matière », explique Charles Nouboué, cofondateur de la start-up.
Pour tirer son épingle du jeu, Fitle a misé sur la simplicité de sa technologie. Une fois l'application téléchargée, il faut moins d'une minute pour se créer un avatar. Autre avantage : les mensurations du « double » ne dépendent pas de données approximatives saisies par les utilisateurs, mais de photographies et de scans précis, effectués à partir d'un smartphone. Et pour ceux qui s'inquiètent de voir leurs données personnelles circuler, « les photos sont immédiatement détruites, conformément à l'accord signé avec la Cnil », rétorque tout de go le CEO.
Une solution providentielle ?
La vingtaine des e-détaillants qui utilisent déjà Fitle est-elle satisfaite ? Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Chez Carrefour par exemple, le nombre de vêtements retournés a baissé d'un tiers. Mieux encore, le taux de conversion a augmenté de 23 %. En France, 60 % des articles qui sont mis dans un panier en ligne ne sont jamais achetés. Depuis qu'il est possible de les essayer virtuellement, les clients hésitent moins et achètent plus.
L'opération est tout aussi rentable chez le roi de la marinière. « Le nombre de ventes en ligne a considérablement augmenté », confie le patron de Fitle. Miser sur l'essayage nouvelle génération est donc une opération rentable. « On coûte en moyenne 10 % de ce que l'on rapporte », précise Charles Nouboué, qui espère multiplier par sept le nombre de ses clients d'ici à 2018 pour franchir le cap des 150 marques partenaires.

Source : Le Point

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